FRTB n'est plus un projet réglementaire. C'est devenu une décision stratégique. Les premières banques globales ayant arbitré ont fait des choix très différents : certaines généralisent l'IMA sur tous leurs desks éligibles, d'autres assument un retour à l'approche standard sur des activités jusqu'ici en modèle interne.
Le vrai coût de l'IMA
L'IMA n'est pas uniquement plus complexe à construire : il est plus exigeant à maintenir. Le test P&L attribution, les NMRF, le suivi desk par desk imposent une infrastructure de données et de calcul que peu d'établissements possèdent réellement à l'état de l'art.
L'expérience des banques pionnières montre que le coût total de possession d'un dispositif IMA — équipes quant, validation indépendante, infrastructure de calcul, gouvernance — est de l'ordre de 2 à 4 fois le coût d'un dispositif SA équivalent. Au-delà d'un certain seuil de revenus du desk, l'arbitrage redevient pourtant favorable à l'IMA.
La question n'est pas réglementaire, elle est industrielle
Le bon cadrage de la décision est : sur quels desks la banque a-t-elle une intention stratégique de croissance, et sur quels desks l'enjeu est de tenir la position avec une consommation de capital maîtrisée ? L'IMA se justifie là où la franchise est forte et où le marché est suffisamment liquide pour passer les tests sur la durée.
Toute autre logique conduit, six à dix-huit mois après go-live, à dégrader les desks vers la SA — au pire moment du cycle réglementaire.
